Débattre du future de la Shari’a dans un État séculier


Le Projet

Le future de la Shari’a : l’analyse du sécularisme depuis une perspective islamique est le projet actuel du Professeur Abdullahi An-Nai’m, Professeur de Droit titulaire de la chaire Charles Howard Candler à la faculté de droit d’Emory, financé largement par la Fondation Ford. Ce projet met en exergue et cherche à contribuer à la lutte que mènent les sociétés islamiques pour s’auto-définir dans le contexte des conditions actuelles locales et mondiales dans lequel ces sociétés vivent. Un élément clé de ce processus est les dimensions constitutionnelles et légales des expériences postcoloniales des sociétés islamiques, en particulier la relation entre islam, État et société.

L’enjeu fondamental de ce projet est de savoir comment assurer la séparation institutionnelle entre la Shari’a et l’État, en dépit des liens organiques et inévitables qui existent entre l’islam et la politique. La première partie de l’argument proposé peut paraître être du « sécularisme » comme entendu de manière commune aujourd’hui, mais la deuxième partie de la proposition démontre l’opposé. C’est un paradoxe permanent, qui est une partie de l’argument, à savoir que la relation entre religion, État et société est le produit d’une constante et profondément textuelle négociation, plutôt que le sujet d’une formule fixe, qu’il s’agisse d’une affirmation de séparation totale ou de fusion totale entre religion et État. En d’autres termes, le paradoxe de la séparation de l’islam et de l’État tout en conservant la relation vitale entre islam, État et politique peut être uniquement arbitré par l’interaction sociale proactive et la pratique dans le temps, plutôt que de résoudre complètement cette question par le biais d’une analyse théorique.

Afin de faciliter le processus particulièrement en relation avec l’islam, ce projet cherche à mettre en valeur un consensus mondial entre les musulmans autour d’un cadre théorique proposé pour cette médiation. Dans ce but, An-Nai’m travaille à finaliser un manuscrit d’ouvrage en anglais disponible dans les langues des sociétés islamique. À ce point, la version anglaise du manuscrit est presque terminée, et est traduite en indonésien baasa, en bengali, en persan, en turc, et en urdu. An-Nai’m travaille aussi sur la finalisation de la version arabe du manuscrit. Nous espérons ajouter des traductions dans d’autres langues des sociétés islamiques dans le futur. Ce livre sera publié dans les langues appropriées de chaque pays, après des corrections faites à la lumière des commentaires et des critiques.

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